Retour sur le colloque du 1er décembre 2016

  
Par Valérie Bernard, Menscom


66 personnes, membres des Observatoires Régionaux des Transports d’Alsace, de Champagne-Ardenne et de Lorraine, étaient réunis le 1er décembre 2016 à l’Abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson pour une journée de travail au programme dense. La matinée, en format plénière, était consacrée au « Grand Est au cœur de l’Europe : enjeux et objectifs pour les transports et la logistique ».

   


Des présentations et des tables rondes se sont succédé et ont permis aux participants de découvrir les données clés sur la région Grand Est et de partager sur les enjeux du développement des infrastructures et des services de transport. Les questions de la concurrence à l’échelle européenne, de la formation et de l’adaptation aux futurs marchés, ou encore de climat et de qualité de l’air étaient également au programme.

En ouverture de la matinée, les présidents Pascal Mangin (ORT Alsace), Jean-Pierre Caillot (ORT Champagne-Ardenne) et Michel Chalot (ORTL Lorraine) ont rappelé le rôle de trait d’union que jouent les ORT entre les mondes administratif et politique et le monde économique et les nombreuses avancées qu’ont permis ces lieux d’échanges au fil des années.
L’ORT a souvent été le creuset de solutions concrètes, comme Jean-Pierre Caillot l’a souligné pour la Champagne-Ardenne avec les exemples de l’étude de la mise en place du 44 tonnes ou la création de la carte de la grande distribution. Michel Chalot s’est félicité pour sa part du copilotage entre élus et professionnels et du travail réalisé en DREAL pour accompagner le fonctionnement des ORT. Les présidents ont également situé les réflexions de la journée dans le nouveau contexte du Grand Est. Pascal Mangin a ainsi insisté sur le fait que « le Grand Est n’est pas seulement l’addition de nos trois régions, c’est un nouveau territoire avec ses fragilités et ses forces, pour lequel nous devons aller au-delà de la recherche d’une harmonisation ou d’une moyenne ».

Deux présentations proposées respectivement par Pascal Rascalon de la Direction des Transports et de la Mobilité de la Région Grand Est et Guy Treffot de la DREAL Grand Est ont ensuite permis :
  • pour la première de dresser un portrait de la nouvelle région et de présenter le travail de la collectivité régionale sur les deux documents de cadrage stratégiques intégrant les enjeux de transport et d’infrastructures que sont le SRDEII (Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation, qui sera adopté au printemps 2017) et le SRADETT (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, prescripteur, qui sera finalisé à l’horizon 2019).
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  • pour la seconde de dresser un état des lieux des infrastructures de transport routières, ferroviaires, fluviales et aériennes et de logistique du territoire, et des projets sur ces réseaux.
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Les deux intervenants ont précisé que le Grand Est est « bien connecté avec les autres régions et pays », « ne souffre pas en termes d’infrastructures », même si des aménagements sont localement attendus, et que « à peu près partout, les habitants et les entreprises disposent d’un accès à moins de 30 minutes d’une voie du réseau structurant ». Ils ont également souligné la part du budget dédié au transport dans le budget régional (environ 850 millions d’euros en 2017 soit 30 %) et le poids économique de cette activité au plan régional qui compte 8 600 établissements, tous modes confondus, et représente 103 000 emplois.

Une table ronde, temps fort de la matinée, a ensuite réuni Marc Bizien (SNCF Réseau Grand Est), Didier Dieudonné (VNF Nord-Est), Bruno Jansem (Eurométropole de Strasbourg), Yves-Marie Laurent (AUTF Champagne-Ardenne), Pierre Sempé (AFT Champagne-Ardenne), Jean-Pierre Schmitt (Air Lorraine) et Noël Vromman (Giatel).

   

Enrichie par les échanges avec la salle, cette table ronde a été l’occasion d’insister notamment sur :
  • pour ce qui concerne les infrastructures :
  • la restructuration de la gouvernance des ports (en cours) pour donner une plus grande place aux collectivités et contribuer à une meilleure intégration de l’atout portuaire dans les politiques publiques locales ;
  • la place du Grand Est au sein des corridors de fret européen et la pertinence du mode ferroviaire sur les grandes distances ;
  • la pérennisation du capillaire fret (lignes secondaires du réseau ferré) avec le maintien de la qualité de service sur ces lignes et l’enjeu de leur entretien ;
  • la nécessité de revitaliser le petit gabarit de la voie d’eau (accueillant des péniches d’une capacité maximale d’environ 350 tonnes) ;
  • la complémentarité des infrastructures tous modes pour disposer d’une visibilité multimodale ;
  • l’enjeu de visibilité à long terme sur le financement des infrastructures, notamment ferroviaires, en lien avec l’évolution des flux internationaux de marchandises ;
  • pour ce qui concerne le marché, les services de transport et les impacts de l’activité :
  • le contexte très fortement concurrentiel du transport routier de marchandises (distorsions de concurrence entre les entreprises du Grand Est et celles des autres pays européens) ;
  • les évolutions du métier de conducteur routier avec le numérique, la conduite rationnelle et un jour sans doute le camion autonome ;
  • les évolutions de la logistique avec la robotisation et l’automatisation ;
  • les importantes contributions du transport aux émissions polluantes (NOx et particules fines) et en regard les enjeux du report modal et de l’intermodalité.

Au cours des débats, l’intérêt de la structure ORT a été salué à plusieurs reprises : son rôle d’observatoire permettant de jumeler les visions de l’État, des collectivités et des professionnels et de sortir d’une relation gestionnaire d’infrastructure-utilisateur, de lieu pour poser les problématiques, bénéficier d’une connaissance fine du terrain, et conduire une réflexion multimodale et « neutre », l’ORT n’ayant pas d’intérêt économique particulier.

Les trois présidents ont conclu en insistant également sur la richesse de l’ORT, structure « où peut se construire le consensus entre professionnels » et où sont produites « des données objectives, aides à la décision pour l’État et la Région ».



Ils ont invité les participants à poursuivre la réflexion au cours des ateliers de l’après-midi.